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Petite présentation rapide (a) 11/07/2014

Parce que c'est bien plus simple d'avoir un répertoire avec tous mes écrits au même endroit... je vous propose ce blog ahah. J'espère que ça vous facilitera la vie autant qu'à moi. Promis il sera régulièrement mis à jour et chaque fois que je posterais quelque chose quelque part, ce sera affiché ici.
 
Par soucis de simplicité, c'est également sur ce blog que je posterai tous les OS que j'écrirai à l'avenir.
 
Aussi, vous pourrez me contacter ici ou me laisser des commentaires pour les écris que je posterai sur tumblr ! J'accepte les pubs, bien sûr, alors même si en général je n'y réponds pas, je les valide et j'y fais un tour quand j'ai un moment. 
 
Autrement, il y a tout plein de moyen pour me contacter alors les voilà :
→ Sur Twitter je me nomme @allomelanie
→ Mon Ask est là > cliquez
→ Pour avoir mon mail, il suffit de me le demander.  
 
N'hésitez pas à me contacter pour tout et rien. Si vous êtes heureux, si vous ne l'êtes pas. J'essaie de me rendre disponible au maximum alors n'ayez pas peur, je ne mords pas. Au contraire. 

Merci de toujours être là, vous êtes adorable, je vous aime mes très chers lecteurs ♥ 



Mélanie.

Répertoire 11/07/2014

Les one-shot (OS)
 
POINT DE VUEParfois, tout est une question de point de vue.
∞ Hashtag de l'OS #pdvOS 

SOMEBODY I USED TO KNOWHarry et Louis ont divorcé et ne se sont plus adressé la parole depuis de nombreuses années. Ils auraient aimé redevenir des étrangers mais leur fille va les rapprocher à nouveau, d'une manière qu'ils n'auraient jamais imaginé possible.
∞ Hashtag de l'OS #somebodyOS 

DE TOUT MON COEURÇa n'arrive pas qu'aux autres.
∞ Hashtag de l'OS #detoutmoncoeurOS 

ONE LAST TIMECet OS est maintenant hors ligne ; il a été ajouté à la fiction "Reste Avec Moi".
∞ Hashtag de l'OS #onelasttimeOS 


Les fictions & mini-fictions
 
SHOW ME YOU CARE ▬ Complète.
Louis pense avoir tout. Harry pense n'être rien. La vie de ces deux garçons que tout oppose va se voir bouleversée lorsque leur professeur de biologie les associera pour un devoir. Ils prendront alors conscience que de la haine à l'amour, il n'y a qu'un pas. 
∞ Hashtag de la fiction #SMYCfic 
Le ask de la fiction pour avoir des nouvelles des personnages, c'est !
→ Vous pouvez trouver la version livre de Show Me You Care en vente ici
 
NOTHING LIKE US ▬ Complète.
Louis et Harry. Harry et Louis. Ces deux-là ont grandi l'un à côté de l'autre sans vraiment se remarquer. Ils se sont aimé, ils se sont séparés. Rien ne laissait présager qu'un jour, ils pourraient trouver un équilibre. Et pourtant, le road trip dans lequel ils se lancent va les rapprocher de bien des manières. 
∞ Hashtag de la fiction #NLUfic
→ Vous pouvez trouver la version livre de Nothing Like Us en vente ici
 
WHAT ABOUT US ▬ Complète.
Louis, Harry et Layla vivent une histoire d'amour hors du commun. Une histoire que personne ne peut comprendre. Une histoire que même eux sont incapables d'expliquer. Ils vivent à trois et apprécient l'équilibre qui les unis les uns aux autres. Ils aiment leur manière de vivre jusqu'au jour où  Harry décide que trois, c'est beaucoup trop. 
∞ Hashtag de la fiction #WAUfic
→ Vous pouvez trouver la version livre de What About Us en vente ici
 
MAKE IT RIGHT ▬ Complète.
Harry n'est pas un petit garçon malheureux. Mais quand Louis emménage à côté de chez lui, il se rend compte qu'il avait été seul bien longtemps.  
∞ Hashtag de la fiction #MIRfic
→ Vous pouvez trouver la version livre de Make It Right en vente ici

WAKE UP CALL ▬ Complète.
L'amour supporte mieux l'absence ou la mort que le doute ou la trahison ; Harry et Louis en savent quelque chose à présent.
∞ Hashtag de la fiction #WUCfic

I SWEAR I LIVED ▬ Tome I complet, Tome II complet
Harry est un acteur connu dans le monde entier et lorsqu'il met un pied dans la réalité pour ne pas perdre la garde de ses enfants, il se rend compte qu'avoir la tête dans les nuages et vivre parmi les faux semblants est bien plus simple que d'affronter la vraie vie et de vrais sentiments.
∞ Hashtag de la fiction #ISILfic
→ Vous pouvez trouver la version livre de I Swear I Lived en vente ici : Tome 1 Livre 1 & Tome 1 Livre 2

ALL SECRETS HAVE A HOME ▬ Complète.
Harry et Louis se sont connus sur Internet, ils ont tissé une relation qu'ils pensaient solide et au-delà de tous préjugés. Ils n'avaient pas pensé que la réalité pourrait mettre des bâtons dans les roues de leur relation virtuelle idyllique et surtout pas qu'Axel, le frère jumeau d'Harry, pourrait se mettre entre eux aussi facilement.
∞ Hashtag de la fiction #AllSecretsFIC

RESTE AVEC MOI ▬ En cours.
TOME 1 — Summer Love.
Quand un simple coup de foudre se transforme en véritable histoire d'amour.
TOME 2 — Cold Water
Quand tout semble aller de travers et qu'il faut s'accrocher pour ne pas sombrer.
∞ Hashtag de la fiction #RAMfic


Les fictions en collaboration

POST SCRIPTUM ▬ En pause.
Harry est incarcéré dans une prison de haute sécurité. Louis est un étudient en psychologie sans histoire. Rien ne les prédestinait à se rencontrer et pourtant, dans le cadre de ses études, Louis se retrouve à écrire à Harry et ils échangent des lettres qui vont les lier sans même qu'ils ne s'en rendent compte.
∞ Hashtag de la fiction #PSfic
→ Avec Camille (son twitter & ses fictions)

ENDLESSLY ▬ Complète.
« La passion est un ouragan, quelque chose de sublime qui précipite le désastre. C'est une histoire qui se termine toujours mal. » Endlessly, c'est l'histoire d'Adam qui lit à Alice une lettre qu'il a écrite pour elle. Une longue lettre qui raconte leur histoire et qui sera découpée en plusieurs partie que vous pourrez lire..
∞ Hashtag de la fiction #endlesslyFIC
→ Avec Camille-Églantine 

Que deviennent-ils ? → SMYCfic 18/07/2014

Coucou tout le monde, 
 
Comme vous le savez, sur le blog de Show Me You Care, j'avais mis en place un moyen de prendre des nouvelles des personnages (ici) mais ça me prenais trop de temps de reporter les questions, d'y répondre, de tout mettre à jour... du coup, j'ai cessé de le faire. Même si ça me manque ahah. 
 
Maintenant que je ne pense plus écrire d'OS - rien n'est sûr mais les pauvres, j'ai envie de leur fiche un peu la paix - et que j'ai, malgré tout, beaucoup de personnes qui continuent de me demander des nouvelles d'eux, je me suis dis que j'allais créer un Ask spécialement pour les personnages de SMYCfic.
 
Malheureusement, je ne pourrais pas le lier avec mon compte Twitter mais j'essaierai de poster le lien de temps à autres. Vous pourrez de toute manière le retrouver ici quand vous le voudrez.
 
Comme pour le Courrier des Lecteurs ou le Que Deviennent-Ils, vous pourrez poser des questions à n'importe quel personnage de Show Me You Care et ils vous répondront avec plaisir - ou pas. N'oubliez pas de préciser à qui est-ce que vous vous adressez dans votre question et ce sera parfait ! ♥
 
 
Je suis encore en pour parler avec moi-même pour savoir si j'autorise les questions pour mes autres fictions. Je ne sais pas. J'y réfléchis et de toute façon, vous serez les premiers au courant. Mais pour l'instant, vous ne pouvez vous adressez qu'à ceux de SMYCfic ♥
 
 

Point de Vue 28/07/2014

UN.
 
Je n'attends pas depuis longtemps et le hall miteux où je patiente ne m'aide pas vraiment à être à l'aise. L'hôtel semble encore plus pourri que la dernière fois mais ça ne l'empêche pas de grouiller de personnes. L'accueil est toujours bondé parce qu'il y a quelqu'un qui vient se plaindre d'une douche cassé, de draps trop sale ou de téléphone défectueux. Mais malgré tout, la fréquentation du Thames Olympic Hotel ne désemplit pas.

J'essaie toujours de m'occuper l'esprit quand je l'attends. Par exemple, je remarque que le chien de faïence dans l'entrée n'a pas été nettoyé depuis au moins un an, que le carrelage mal posé sous la table basse compte exactement 19 carreaux beiges et marrons, que le cendrier n'est vidé qu'une fois par semaine et qu'il n'y a pas de magazine plus récent que Mars 2009. Je sais tout ça parce que me concentrer sur des choses futiles m'aide à ne pas me demander si je suis bien habillé, si mes cheveux ne sont pas trop en bataille, si je vais lui plaire, s'il va être encore plus beau que la dernière fois. Mon cerveau bouillonne autant que mon sang et mon c½ur joue au montagne russe.
 
Sauf que j'aime cette attente au moins autant que je la déteste. Je l'aime parce que l'intensité ne fait que monter. Toujours. Encore. Ça entretien la passion. J'ai chaud, j'ai peur, je tremble. Mais j'aime ça. J'aime cet état d'euphorie qui m'envahi et qui me prend les tripes. Mais je déteste qu'on me voit ici parce que lorsque je le retrouve, j'ai toujours l'impression que tout le monde m'épie. J'ai l'impression d'être jugé. Comme si tout les gens savaient qu'il était marié et que j'étais simplement l'autre ; celui qui espère sortir de l'anonymat un jour. Celui qui espère secrètement détruire un mariage.
 
Je regarde ma montre pour la troisième fois lorsque je l'aperçois enfin. Il est dégoulinant de pluie et ses cheveux bouclent plus que d'habitude. Il ne sourit pas mais je sais que dans pas longtemps, j'aurais l'occasion d'embrasser son cou et d'entre apercevoir la fossette au creux de sa joue. Mon c½ur se met à battre la chamade et j'en ai des bouffées de chaleurs. Encore.
Il traverse le hall sans un regard pour moi, évidemment. Mais je sais qu'il m'a vu. Je sais que je suis la première personne qu'il a remarqué. Je sais qu'il meurt d'envie de me regarder parce qu'il bat la mesure sur sa cuisse avec sa main en patientant à la réception. Il le fait souvent quand il est impatient.
 
Le réceptionniste lui donne une clé et je me lève pour aller appeler l'ascenseur. Mais l'ascenseur est long. Beaucoup trop long. Alors je le vois emprunter l'escalier et je lui emboîte le pas. Mon c½ur bat si vite jusque dans mes tempes que j'en deviens presque sourd. Pas un mot. Pas un regard. Rien.
 
Il traverse le couloir pour se rendre jusqu'à la chambre 307. Il pousse la porte et je m'y engouffre à suite. J'ai à peine le temps de refermer la porte qu'il se jette sur moi et embrasse fiévreusement mes lèvres. “Cinq jours.” Ses gestes sont rapides, passionnés. On n'a pas le temps de se parler, pas le temps de se regarder. On se contente de ressentir, de vivre. De s'aimer.
C'est toujours trop court mais le bonheur que je ressens entre ses bras n'égale rien d'autre au monde. Cinq jours qu'on n'a pas échangé un mot et pourtant, j'ai l'impression qu'on s'est tout dit.
 
Aujourd'hui j'ai de la chance, il a l'air disposé à discuter parce qu'il allume une clope avant de m'attirer contre lui. La nudité ne me dérange plus autant qu'avant. Pas quand je suis entre ses bras en tout cas. “Tu m'as presque manqué, tu sais ?” Presque. J'essaie de ne pas montrer que j'ai de la peine mais je sais malgré tout que je reste l'autre. Celui qu'il aime le moins. Celui qu'il a choisi pour oublier sa peine.
 
"J'ai été très occupé, je suis désolé." Il ne dit rien. Il sait ce que je faisais de toute façon.
 
"Tu ne fumes toujours pas, hein ?" J'ai secoué la tête et il a embrassé mes lèvres. "C'est bien. Tu ne sais pas à quel point je galère pour arrêter cette connerie." Ça me fait sourire. Il n'essaie même pas d'arrêter, je le sais. "Tu as passé une bonne semaine ?" J'hausse les épaules.
 
"J'ai eu mes résultats de partiel." Il se tourne vers moi, concerné. Comme si c'était important pour lui et ça me fait presque plaisir.
 
"Alors ?"
 
"J'ai foiré la com' alors..." Il a presque eu l'air embêter. "J'ai les rattrapages dans une semaine."
 
"Tu pourrais accepter que je t'aide. C'était mon métier avant..." Oui. Avant. Et presque sans être capable de me contrôler, mes yeux se portent sur ses cicatrices. Je sais qu'il déteste que je les fixe mais le avant y fait plus ou moins référence alors...
Il se racle la gorge et je relève les yeux. J'hésite encore une fois. Je pourrais le voir plus longtemps, plus souvent, mais je n'arrive pas à me défaire de cette foutue politesse.
 
"Ne t'inquiète pas. Je vais y arriver. Je ne voudrais pas abuser de ton temps."
 
"Tu sais où me trouver de toute façon." J'ai hoché la tête en silence. Il a écrasé sa cigarette dans le cendrier et je me suis demandé ce qu'il se serait passé si j'avais accepté d'être son stagiaire comme il me l'avait gentiment proposé. Est-ce qu'on aurait fait l'amour au bureau avec la peur de se faire surprendre par son mari ? Peut être que oui, peut être que non.
 
Et je me suis demandé ce qu'il avait ressenti au début, quand il n'était qu'un employé qui s'était éprit de son supérieur. Est-ce qu'il s'était senti comme moi ? Bien sur je ne faisais que le courrier dans cette entreprise et je ne dépendais même pas de lui au début mais... C'était le même cas de figure, non ?
 
Non.
 
Lui, il avait épousé son supérieur parce qu'il avait eu les couilles de répondre oui à toutes les opportunités qu'il lui proposait. “On remet ça ?” J'ai à peine le temps de réagir qu'il m'embrasse déjà fiévreusement. Tant pis s'il a épousé son patron puisque de toute façon, en ce moment, il le trompe avec moi. Et c'est tout ce qui compte.
 


DEUX.
 
J'étais là tôt ce matin. Je n'ai même pas pris le temps de repasser chez moi car je n'avais pas eu envie d'avoir explications à donner à qui que ce soit. J'ai passé la nuit dehors... et alors ? Ça ne fait pas de moi quelqu'un de mauvais. Du moins, je ne le crois pas.
 
Devant mon écran d'ordinateur encore éteint, je me demande s'il est déjà dans son bureau. S'il a passé la nuit ici. S'il va être de mauvaise humeur. Je me demande quelle tenue il porte aujourd'hui et s'il acceptera de me recevoir à l'heure du déjeuné - ou n'importe quand dans la journée.
 
Je pense à ses yeux bleus, froid. Ses cheveux impeccablement coiffés de manière désordonnée. Je pense à sa bouche, ses lèvres. Son menton. Je pense à ses bras. Sa voix. Tout. Je pense à tout ce que j'aime chez lui et il n'y a rien que je n'aime pas. Il est parfait. Il est tout ce que je recherche et tout ce qu—le téléphone sonne.
 
Je laisse passer une sonnerie, puis deux et au milieu de la troisième, je décroche. C'est pour faire croire qu'on est toujours débordé - politique de la maison. “Tomlinson & Co, Emma à votre service, je vous écoute ?”
 
"C'est moi. Je passe dans l'après après midi. Transmet le message." J'hésite un moment et je prends un post-it pour noter l'information. Je déteste tellement cette voix que je la reconnaîtrais entre mille. Je déteste qu'il ai la priorité sur moi. Je déteste que malgré tout ce qui me lie à Louis, je ne sois qu'un second plan. J'ai bien fait de découcher pour aller me vider la tête et ne plus penser à mon cher patron.
 
"C'est noté."
 
"Merci. Bonne journée." Et il raccroche. Je reste un moment sans rien faire avant de reposer le combiné sur son socle. Mais il est temps que je m'y mette et pendant que mon ordinateur se lance, je me demande si oui ou non, je transmets le message. Et puis je me dis que ce serait malgré tout une bonne occasion d'aller dans son bureau. Une bonne occasion pour le faire céder et lui faire passer l'envie de voir quelqu'un d'autre que moi cet après-midi.
 
Aller, j'y vais.
 
Je mets mes lunettes, tout en sachant qu'il adore ça, et je me lève lentement en soufflant un bon coup pour me donner du courage. Je l'ai déjà fait des centaines de fois, on se connait par c½ur mais il m'impressionne toujours autant. Il dégage quelque chose d'intimidant. Quelque chose que j'adore lire dans ses yeux quand il ferme la porte à clé avant de faire de la place sur son bureau.
 
Je reste un moment devant la porte et quand je frappe, je n'ai pas de réponse. Peut être qu'il n'est même pas arrivé. Mais j'insiste. “Louis ? J'ai un message.” Visiblement, le son de ma voix le faire réagir parce que j'entends du bruit à l'intérieur. Mais il ne dit rien. “Louis ? Tout va bien ?” Ma main se pose sur la poignée et au même moment, la porte s'ouvre.
"Entre." Je n'ai même pas le temps de le regarder qu'il me fait entrer et me plaque contre la porte pour la fermer. Il tourne le verrou et ses lèvres rencontrent les miennes. Je devrais dire non, je devrais être en colère contre lui, contre sa façon de me traiter. Je devrais lui rappeler que je suis une personne et que je n'existe pas seulement quand il a envie de se vider la tête. Mais ses mains qui glissent sur mes hanches en s'arrêtant sous mes cuisses m'empêchent d'y voir clair. Il me soulève lentement et quand mes jambes s'enroulent autour de sa taille, ses baisers se font plus pressant. Il embrasse mon cou, déboutonne mon chemisier et quand enfin il embrasse ma poitrine, j'oublie que je suis une personne qui désire être bien traitée. Tout ce que je veux, c'est lui.
 
Il me repose sur le sol et pendant qu'il fait de la place sur son bureau, je me débarrasse de mes sous-vêtements. Puis il m'embrasse à nouveau fiévreusement et il relève ma jupe avant de m'allonger sur son bureau. Son pantalon tombe sur le sol et il plaque une main sur ma bouche parce qu'il sait à quel point je peux ne pas être discrète.
 
Mais j'aime qu'on nous entende. J'aime que tout le monde sache que je suis celle qu'il préfère à son mari. Je veux que tout le monde sache que je suis la seule qui lui fait envie.
 
Ça ne dure pas très longtemps tellement l'excitation liée à la peur de se faire prendre est énorme mais il ne me laisse jamais sortir sans que je n'ai eu d'orgasme.
 
Il est tôt et pourtant, quand je ressors du bureau, j'ai une allure de fin de journée au marathon de New York. Je m'éclipse dans les toilettes pour me refaire une beauté et je retourne m'asseoir derrière mon ordinateur. On n'a même pas parlé mais il fini par sortir de son bureau avec un petit sourire. Ma collègue nous dévisage et je ne sais pas si c'est de l'envie ou de la colère que je lis dans ses yeux mais je sais qu'elle est jalouse ; elle me lance souvent des pics. “Vous avez oublié de le donner votre message Mlle Haddison.” Je rougis.
 
"Votre mari passera dans l'après-midi." Son visage se referme et je sais qu'il regrette ce qu'il vient de se passer entre nous. Je le sens jusque dans mon c½ur.
 
"Bien." La malice que ses bleus dégageaient s'est soudainement dissipée et j'ai même cru apercevoir un sourire sur le visage de ma pimbêche de collègue quand il est retourné dans son bureau sans ajouté un mot.
 
"T'as oublié un bouton." Je baisse les yeux sur mon décolleté. En fait, je ne l'ai pas oublié mais ça ne sert plus à rien aujourd'hui alors je le reboutonne. "Tu pourras jamais prendre sa place."
 
"La ferme Celia." Elle me sourit.
 
"J'ai travaillé avec Harry quand il était à ta place et tu peux me croire... Si tu penses qu'il y a une quelconque intensité entre toi et le boss, multiplie-la par cent pour espérer arriver à leur niveau." Sur ce, je me suis levée sans masquer mon agacement.
 
"Je vais fumer."
 


TROIS.
 
Lorsqu'Harry est arrivé à l'accueil, il a eu droit à de nombreux sourires. Harry est énormément apprécié dans l'entreprise parce qu'il y a travaillé ; il est celui qui comprend les employés et qui est leur voix le soir lorsqu'il rentre auprès de son mari. Tout le monde le sait. Alors même s'il ne travaille plus chez Tomlinson & Co., il prend le temps de discuter avec les gens, de comprendre ce qui ne va pas et comment les choses pourraient être arrangées. Puis le soir, il le soumet au grand patron en rentrant chez eux. Louis lui dit rarement non, de toute façon.
 
Mais aujourd'hui, il est pressé. Il fait un signe de main de direction de l'accueil et se dirige immédiatement devant les ascenseurs. Il appuie sur le trois et son impatience le pousse à battre la mesure en tapotant ses doigts sur son jean.
Il traverse le couloir et s'arrête devant les secrétaires de Louis. Au début, Harry avait tenu à ce que ce ne soit que des femmes mais ils savaient aujourd'hui que ça n'avait pas eu d'importance pour son cher et tendre. “Bonjour Celia. Comment vas-tu ?” Il tourne le dos à Emma et il ne lui adresse même pas un regard. Il la déteste et vu le sourire qu'elle a affiché en le voyant arriver, il sait ce que ça veut dire.
 
"Bien, bien."
 
"Et tes enfants ?"
 
"Ils grandissent trop vite. Tu devrais passer un de ces quatre." Il hoche la tête et fait signe de lui noter son adresse sur un post-it. Il l'a encore perdu.
 
"Merci. Je te paie un café quand je sors alors ne prend pas ta pause tant que je suis là dedans." Elle rit mais elle hoche la tête. Celia et Harry se sont toujours très bien entendu et maintenant qu'il ne travaille plus ici, elle est sa plus grande alliée au sein de l'entreprise.
 
Harry fini par se diriger vers la porte d'entrée du bureau de Louis et au moment où il pose sa main sur la poignée, Emma décide de se manifester. “Vous devriez peut-être avertir Mr Tomlinson de votre arrivée. Il est très occupé aujourd'hui.” Harry se tourne lentement vers elle. Il lui sourit. Il déteste entendre 'Mr Tomlinson' parce que Louis a renoncé à son nom en l'épousant, tout comme il déteste qu'on lui dise quoi faire.
 
"Vous devriez regarder les petites annonces, Mlle Haddison. Parce qu'il sera occupé à signer votre feuille de licenciement quand je lui aurais demander de le faire." La jeune femme pâlit et même si ce n'est pas la première fois qu'il la menace, aujourd'hui, elle n'aurait pas dû essayer de le reprendre.
 
"Mr. Tomlinson ne me renverra pas, je suis trop utile à l'entreprise." Sa voix tremble et Harry sourit. Tout le monde sait qu'en dehors de ces murs, le vrai patron, c'est Harry.
 
"Mon mari a besoin d'une personne qui sache lire." Il souligne lentement la plaquette sur la porte notée 'President Directeur Général : Mr L. Styles'. "Et je ne crois pas que vous faire sauter pour avoir des promotions vous aidera à avoir de l'expérience." Aujourd'hui, Harry est remonté. Il a beaucoup réfléchi à l'impasse dans laquelle son mariage se trouve et il en est arrivé à la conclusion que l'aventure qu'il a avec un étudiant est entrain de tout bousiller. Et il se doit de changer ça. Maintenant.
 
"Mr. Toml—Styles... Mr Styles ne serait pas ravi d'apprendre la manière dont vous vous adressez à ses employés." Harry sourit de manière insolente. Plus elle lui répond, plus il la déteste.
 
"Mr Mon Mari est actuellement collé à la porte entrain d'écouter chacune de mes paroles et il ne viendra pas défendre votre joli visage. Permettez moi également de vous rappeler, Mlle Haddison, que vous êtes la seule que je ne porte pas dans mon c½ur ici. Et nous savons tous les deux pourquoi." La jeune femme a fini par baisser la tête, rouge de honte.
 
"Préparez vos affaires. Vous nous quittez ce soir." La porte du bureau s'est ouverte et Harry s'y est engouffré rapidement. Louis est retourné s'asseoir sur son énorme siège en cuir et Harry a pris place sur l'un de fauteuil en face de lui. Tous deux se regardent dans le plus dans des silences alors c'est Harry qui se jette à l'eau le premier. "Je ne veux plus la voir ici."
 
"On ne vire pas les gens sur un coup de tête, il y a des lois." Le ton de Louis est neutre, il sait sait qu'il a raison mais il sait aussi qu'il offrirait la lune, les étoiles et toutes les galaxies de l'univers à Harry s'il les lui demandait.
 
"Tu ressens quoi quand tu l'allonges sur ton bureau ? Tu penses à moi, un peu ? Où alors c'est vraiment elle qui te fait envie ?" Le ton d'Harry est cinglant et Louis lutte intérieurement pour ne pas baisser la tête. Mais il sait qu'Harry déteste ça. Il le sait. Alors il se retient. "Alors ?"
 
"Je vais voir si je peux l'affecter ailleurs." Harry hoche la tête, satisfait même s'il n'aime pas se comporter comme le dernier des cons avec la personne qu'il aime le plus au monde.
 
"Je veux être là chaque fois que tu la recevras dans ton bureau. Chaque fois." Et comme ça à l'air d'être un marché, Louis n'hésite pas une seconde. Il se met même à sourire.
 
"C'est d'accord." Un autre silence s'installe entre eux et de nouveau, c'est Harry qui le brise.
 
"J'ai beaucoup réfléchis à ce qu'il se passe entre nous en ce moment."
 
"Rien." Harry grimace douloureusement. Son c½ur se soulève et la rapidité de la réponse de Louis l'aide à se rendre compte à quel point il lui manque.
 
"Oui. Rien." Et soudain, l'ambiance change complètement. Harry se radoucit et il affiche un air triste. Il fait signe à Louis de le rejoindre et ce dernier n'hésite pas plus d'une seconde à venir s'asseoir sur ses genoux. Ils n'ont pas été aussi proche depuis des mois et pourtant leur c½ur savent encore comment battre à l'unisson. Louis passe ses bras autour du cou de son mari et se blottis contre lui autant que possible. Il tente de se souvenir du lien qui les unis et à cette simple pensée, il est complètement bouleversé.
 
Il se rappelle de leur rencontre. Du premier regard qu'ils ont échangé. Il se rappelle de leur incapacité à se séparer les premiers temps et de leur besoin d'être toujours collé l'un à l'autre. Il se rappelle de leur manière de faire l'amour. De leur mariage. De leurs projets d'avenir.
 
Et puis il se rappelle de l'accident.
 
Il se rappelle d'Harry en sang, sur le trottoir devant leur immeuble. Il se souvient des cris, des larmes. De la peur. Il se souvient de l'hôpital, de l'attente, des médecins.
 
Il se souviens du fauteuil roulant.
 
Il se souvient de la perte de confiance d'Harry, de son désintérêt pour la vie et de son dégoût pour lui-même. Il se souvient du combat qu'il a mené pour remarcher un jour mais du fossé qu'il a creusé entre eux en refusant d'être touché de quelques manières que ce soit.
 
Il se souvient de la manière dont il l'aime malgré tout et qu'il sacrifierait tout, pourvu qu'ils retrouvent leur complicité d'antan. “Tu me manques, tu sais ?” Venant d'Harry, ce n'est pas anodin, un peu brusque même mais... Le c½ur de Louis se met à battre la chamade. C'est quelque chose qu'il a rêvé d'entendre pendant des semaines.
 
"Toi aussi, Harry. Tellement." Leur regard se croisent et leurs lèvres se rencontrent. À cet instant, plus rien ne compte. Louis n'ose pas prendre d'initiative qui pourrait compromettre leurs retrouvailles ; il laisse Harry le guider sans se poser de question. Leur respiration s'accélère et leurs gestes sont désordonnés mais rien ne les arrêtera.
 
Sauf peut-être un coup de téléphone.
 
Harry se saisi du combiné sans que Louis ne cesse d'embrasser son cou, de déboutonner sa chemise... “Bureau de Mr. Styles, que puis-je faire pour vous ?” C'est le médecin d'Harry, il reconnaîtrait sa voix entre mille - on n'oublie pas une voix qui vous a annoncé autant de mauvaises nouvelles. Harry repousse lentement Louis et ce dernier s'arrête, perplexe. “Louis est occupé pour le moment. Puis-je prendre un message ?” Le Dr. Greyson reconnaît la voix de son patient mais il ne fait aucune remarque.
 
"Je le rappellerai demain." Harry raccroche et regarde Louis un moment sans rien dire.
 
"C'était mon médecin."
 
"Oh." Louis hésite un peu, il se demande quoi dire, quoi faire. Il ne veut pas perdre Harry à nouveau. "C'était le seul moyen que j'avais pour avoir des nouvelles de toi. De ta santé." Harry ferme les yeux un moment ; il veut repousser Louis, il veut à nouveau se protéger de son regard aimant alors qu'il n'y a plus rien à aimer en lui. Il veut à nouveau mettre fin à tout ça. Mais il se rend compte que sans son mari, il ne s'en sortira jamais.
 
"Tu m'aimes, pas vrai ?" Le c½ur de Louis se soulève, soulagé qu'Harry ne parte pas sur le champ. Ils ont peut-être une chance, alors ?
 
"Bien sur. Un peu moins que demain mais toujours plus qu'hier." Harry retient un soupire de soulagement. Louis sait toujours quoi dire pour le rassurer. Toujours.
 
"Je n'aurais jamais dû aller voir ailleurs, je sais que c'était injuste pour toi. Pour nous. Et je n'ai pas envie qu'on s'éloigne encore. Moi aussi je t'aime. Je suis dingue de toi, je l'ai toujours été." Louis caresse tendrement le visage de son mari. Enfin, il le retrouve. Enfin, il accepte d'abattre le mur qu'il avait dressé entre eux. "Je pensais que ce serait plus facile d'être aimé par quelqu'un qui ne m'avait pas connu avant que j'ai toutes ces cicatrices. Mais c'est faux. Personne ne m'aimera mieux que toi. Et je t'ai repoussé alors que tu m'as toujours soutenu, toujours aimé. Malgré tout. C'était injuste." Harry soupire, c'est dur pour lui d'admettre tout ça. Mais Louis est là et son regard l'aide à continuer. "Je veux qu'on s'en sorte, tu sais ?"
 
"Je sais." Louis s'approche doucement et embrasse Harry du bout des lèvres. "On va s'en sortir." Harry a hoché la tête et Louis s'est relevé.
 
"Qu'est-ce que tu fais ?"
 
"Quelque chose que je n'ai pas fait depuis trop longtemps..." Louis passe derrière son bureau, rassemble ses affaires, éteint son ordinateur...
 
"Quoi donc ?"
 
"Prendre ma journée pour la passer avec toi. On rentre à la maison." Le c½ur d'Harry se met à battre à toute allure. Ce n'est pas arrivé depuis son retour de l'hôpital et il attendait ça depuis beaucoup trop longtemps pour protester et se plaindre de l'interruption de leurs retrouvailles.
 
"Lou...?"
 
"Hum ?" Harry a ouvert la bouche pour s'excuser à nouveau mais... C'était inutile. Louis avait déjà tout pardonné. Tout accepté. Il pouvait le sentir.
 
"Rien. Je vais rompre avec lui. Je ne le reverrais plus."
 
"Je sais." Le regard de Louis est un peu éteint mais il fini par rejoindre son Harry pour glisser sa main dans la sienne, lier leurs doigts et serrer fort. Il a juste eu le temps d'imprimer quelque chose, de le dater et de le signer.
 
Lorsqu'ils sortent tous les deux du bureau, Harry adresse un large sourire à Emma et fait signe à Celia qu'il lui téléphonera. “Je prends mon après-midi. S'il y a un problème, repoussez-le jusqu'à demain, je ne serais pas joignable jusque là.” Celia hoche la tête et s'il n'a pas encore eu de regard pour Emma, quand il se tourne enfin vers elle, c'est pour lui tendre un papier. “C'est une lettre de recommandation. Rendez-vous demain dans mon bureau à 10h. Nous discuterons de votre avenir au sein de Tomlinson & Co.” La mâchoire de la jeune femme s'est lentement ouverte.
 
"Ravie d'avoir discuter avec vous, Mlle Haddison." Le ton d'Harry est clairement une provocation mais Emma ne répond rien. Elle n'oserait pas - certainement pas en présence de Louis.
 
"A demain." Elle hoche la tête et Louis resserre délicatement ses doigts autour de ceux d'Harry pour lui faire comprendre qu'ils peuvent y aller.
 
Harry et Louis ont fini par quitter les locaux, main dans la main, avec l'espoir d'un renouveau.
 
Parfois, à trop attendre que le destin agisse pour nous, on passe à côté de notre vie. On ne peut pas continuer de croire que les choses s'arrangeront d'elles-mêmes, avec le temps, alors qu'on sait que c'est faux. Parfois, il suffit juste de cesser de prendre la vie du mauvais côté et d'accepter de forcer les choses pour la voir du bon. Il suffit de voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide. Il suffit de se rappeler de toutes les bonnes choses qu'on a vécu plutôt que de ressasser la mauvaise qui gâche tout.
 
Parfois, tout est une question de point de vue.
 

#pdvOS

Somebody I Used to Know 28/07/2014

Tessa Styles-Tomlinson
 
Je n'ai vraiment pas envie d'aller à l'école ce matin alors je traîne au lit même si papa a déjà frappé deux fois à ma porte. Je ne suis pas malade ou fatiguée mais on a été à Disney World en Floride toute la semaine et j'ai pas envie que les vacances de printemps se terminent, même si d'un autre côté, je suis quand même pressée de retrouver mon autre papa.
 
J'ai deux papas, en fait. Un pour les semaines paires, un pour les semaines impaires. Un pour Noël, un pour le premier de l'an. Un pour juillet, un pour août. Ça n'a pas toujours été comme ça mais j'ai l'impression que ça fait une éternité qu'ils se sont vus pour la dernière fois. C'est triste parce qu'avant, c'était les plus amoureux du monde. Mais plus maintenant. Maintenant ils ne se parlent plus qu'à travers moi ou leurs avocats.
 
La plupart du temps, c'est pénible d'être partagée en deux, comme ça. Mais j'ai quand même deux foyers à New York : une suite gigantesque dans l'un des hôtels de papy avec mon père Louis et un immense appartement au dernier étage de l'immeuble d'en face avec mon père Harry. J'ai également droit à deux anniversaires, deux Noël, deux fois plus de vêtements, de jouets... de tout. Sauf une nounou, je n'ai qu'une Edith et c'est généralement à l'appartement que j'en ai besoin parce que mon père Harry est trader à Wall Street et qu'il lui arrive souvent de rentrer tard. C'est différent avec mon père Louis. Il travaille seulement quelques heures dans la journée et jamais quand je suis là. Parfois, j'ai l'impression de mener une double vie et la plupart de mes copines sont jalouses alors... j'aime encore plus.
 
Quand mon père toc à nouveau, je sais qu'il va rentrer alors je tourne le dos à la porte et je fais mine de dormir d'un sommeil profond. Il s'approche à pas de loup et s'assoie sur mon lit avant de passer une main dans mon dos. “Tess...” Je ne réponds pas et il me secoue doucement alors je ronchonne. “Tessa... tu vas être en retard, mon c½ur. Lève-toi.”
 
“Pas grave...”
 
“Si, c'est grave. Tu sais très bien pourquoi.” Et il a marmonné quelque chose sur mon autre père et j'ai soupiré avant de me redresser. Si ça ne tenait qu'à lui, je sais qu'il me paierait des cours à domicile et me laisserait faire que je veux mais mon père Harry est très à cheval sur les études. Il en a fait beaucoup et il doit sa réussite à tout son investissement dans le milieu scolaire alors... il tient à ce que je sois capable de m'assumer seule. Il me l'a déjà dit un million de fois et mes parents se sont disputés encore plus de fois à ce propos. “Viens par-là.” J'ai été me blottir contre lui volontiers et puis après un énorme câlin, il a embrassé mon front et s'est relevé. “Le service d'étage servi le petit déjeuner. Je t'attends, à table dans 5 minutes.”
 
“D'accord.” Il quitte ma chambre et je m'en vais dans mon dressing pour choisir des vêtements. Je n'en ai pas pour longtemps alors rapidement, notre routine des jours d'école reprend et c'est toujours dur de le quitter le lundi matin parce que je sais que le soir, je ne le reverrai pas et ce, pendant une semaine.
 
Je change de père tous les lundis. Mon père Louis m'emmène à l'école et je rentre avec un chauffeur le soir ; généralement, Edith m'attend à la maison mais j'espère que mon père sera là pour m'accueillir parce qu'on ne s'est pas vu depuis une semaine et qu'il me manque beaucoup.
 
Les au revoir ont été long et je suis sûr que mon père a pleuré quand j'ai claqué la porte – il pleure souvent – mais je n'ai pas été en retard : dieu merci. Bon j'ai quand même dû aller m'asseoir directement et me taire jusqu'à la première pause parce que si je me faisais encore chopper à discuter au lieu d'écouter, mon père allait demander à Edith de me priver de portable et tout ce qui pourrait m'intéresser dans l'appartement. C'est pas de ma faute si je suis bavarde et que c'est crâner devant mes copines qui m'intéresse le plus. Mais je me suis quand même tenue à carreau et à la pause du matin, j'ai enfin pu retrouver Suzy et Elisabeth pour tout leur raconter dans les détails. Elles buvaient mes paroles jusqu'à ce que cette peste de Kimberley débarque. “Moi aussi j'ai été à DisneyLand pendant les vacances. Mais en France !”
 
“En Frannce !” Suzy et Lizzie l'ont regardé, complètement émerveillées. On a toute des parents riches mais on n'a pas toute la chance de voyager autant que Kimberley. Enfin, moi je voyage beaucoup grâce aux hôtels de papy mais... pas tellement non plus parce que mon père Harry s'en rend malade de me savoir hors du territoire américain sans lui. Il est très à cheval sur la sécurité et j'ai même une montre en or que je ne dois jamais, jamais, jamais retirer parce qu'il y a fait installer une puce GPS dedans. Juste au cas où. Alicia aussi en a une, de puce, mais c'est parce que son frère passait son temps à fuguer et que ses parents ne veulent pas que ça se reproduise avec elle. Et puis elle... tout le monde le sait. Alors que moi non. Et je me garde bien d'en parler parce que bonjour les moqueries. Il la traite de chien qui a une puce et elle n'a pas de copines.
 
“Oui, en France. Je suis restée deux semaines là-bas. On n'a beaucoup visité avec mes parents. C'était génial. Vous voulez voir des photos ?” Et quand elle a sorti son portable, mes deux copines se sont ruées sur elle et puis toutes les autres filles de la classe ont suivi. Je déteste Kimberley parce qu'elle fait toujours des choses comme ça. Dès que j'ai un peu d'attention, elle me la vole. Je sais que c'est parce qu'elle est jalouse de moi mais c'est un injuste. Alors du coup, j'ai menti...
 
“Bah moi, pendant mes vacances, grâce à mon grand-père, j'ai rencontré Justin Bieber.” Et là, elle pouvait aller se rhabiller avec ses photos de France parce que mon histoire à moi, elle vaut beaucoup plus le coup d'être écoutée. Je sais que c'est mal de mentir et si y a bien un truc sur lequel mes pères sont d'accord, c'est ça... mais j'y peux rien. Elle est toujours en train de se la raconter avec ses histoires de voyages alors qu'il y a pas de raison qu'elle ait toujours la vedette. A mon tour, un peu. Et puis... c'est tout à fait possible parce que c'est déjà arrivé que Justin soit pris en photo en sortant des hôtels de mon papy. C'est tout.
 
Le reste de la journée, Kimberley a boudé seule dans son coin en me traitant de menteuse et les autres lui disaient juste qu'elle était super jalouse. Et c'est vrai qu'elle l'était. Même si j'étais un peu une menteuse aussi. A la dernière pause de la journée, Stacy m'a demandé si elle pouvait venir chez moi et j'ai fait une moue embêtée. “Non... je retrouve mon papa ce soir et j'ai envie de rester toute seule avec lui. Ça fait une semaine que je l'ai pas vu.” Kimberley s'est approchée de nous avec un air de moqueuse sur le visage.
 
“Lequel papa ? Celui qui est infidèle ou celui qui s'occupe pas de toi parce qu—” J'ai même pas attendu la fin de la phrase pour me jeter sur elle et lui tirer les cheveux aussi fort que possible. Jusqu'à lui faire mal, comme elle venait de me faire mal.
 
S'il y a bien un truc que je déteste, c'est que mon père Louis passe dans les journaux parfois, parce que mon grand-père est très médiatisé et qu'ils veulent toujours se mêler de se qui ne les regarde pas. Alors ils notent des choses méchantes sur mes parents dans les magazines et cette imbécile de Kimberley lit tout. Et elle s'en sert pour être méchante.
 
C'est la maîtresse qui nous a séparé et si ma pire ennemie est partie à l'infirmerie en pleurant comme si je lui avais arracher un bras, moi j'ai dû me rendre dans le bureau de la directrice qui m'a sermonné jusqu'à la fin de l'école. Elle m'a dit qu'il était inadmissible qu'un tel comportement se reproduise, que nous étions dans une école de filles et que les bagarres et chamailleries en tout genre étaient fortement prohibées sous peine d'être renvoyée. Avant de me laisser sortir, elle m'a demandé chez qui je me rendais ce soir et après que je lui ai répondu, elle m'a informé qu'elle allait l'appeler sur le champ.
 
Alors du coup, j'ai trainé les pieds pour sortir de l'école. Mes retrouvailles avec mon papa vont être complètement gâchées et en plus, je serais certainement punie toute la semaine. Génial. Mais le pire du pire, c'est quand j'ai vu la voiture de papa garée devant l'école. Il vient rarement me chercher et maintenant que la directrice l'a appelé, il doit être tellement en colère qu'il a quitté son travail exprès pour venir me récupérer. Alors je baisse la tête et je suis la foule d'élève pour sortir avant de rejoindre la voiture et de monter dedans en silence.
 
J'attache ma ceinture et la voiture démarre. Il ne parle pas alors il doit être vraiment, vraiment fâché. J'hésite un instant mais quand je relève la tête, quelqu'un m'écrase un torchon qui pue sous le nez et j'ai à peine le temps de me débattre que je m'endors en moins d'une seconde.
 
 
Harry Styles
 
“Comment ça, pas localisable ? Est-ce que vous vous foutez de ma gueule ?” Le flic devant moi a eu l'air de se décomposer. Je n'en avais rien à foutre qu'il soit jeune, que ce soit son premier jour ou sa première intervention sérieuse : il est en train de me dire quelque chose que je n'ai pas envie d'entendre et ce n'est vraiment pas le jour.
 
“Le signal GPS émit en temps réel s'est arrêté à 16h07. Devant l'école de votre fille.”
 
“J'ai payé des milliers de dollars pour être certain que cette situation n'arrive jamais et vous êtes en train de me dire que vous ne pourrez pas retrouver ma fille parce que votre équipe d'incompétents n'est pas foutu de repérer un signal GPS ?” Il a difficilement dégluti.
 
“C'est plus compliqué que ça... s'ils ont un brouilleur d'ondes alors on n'y peut rien.” Et au moment où j'allais perdre mon sang froid, la porte d'entrée s'est ouverte et Louis m'a foncé dessus comme un taré. Il m'a giflé, il s'est mis à hurler. On ne comprenait pas un traitre mot de ce que sa voix stridente sifflotait et j'ai fini par l'ignorer complètement pour qu'il se calme. Classique.
 
“Ecoutez. Je ne sais pas par quel moyen vous allez vous y prendre mais faites-moi fonctionner ce putain de signal GPS parce que sinon, ça risque de très mal se passer.” Le type a baissé la tête et il est reparti auprès de ses potes les techniciens pendant que le chef de l'unité dépêchée sur place s'approchait de nous, calepin en main.
 
Louis, enfin épuisé de s'en prendre à moi, s'est tourné vers notre nouvel interlocuteur. J'ai pris un instant pour le regarder et ce n'est pas le fait qu'il ait traversé le boulevard en chaussons dans une tenue complètement déglinguée qui me saute aux yeux ; c'est qu'à travers les larmes, la panique et toutes les émotions qui le traversent en ce moment, son visage est toujours le même. Il est beau, c'est indéniable. Mais je le déteste pour ce qu'il m'a fait et ça le rend laid par endroit. C'est étrange comme sensation mais... ses lèvres, par exemple. C'est quelque chose que j'ai toujours aimé chez lui, ses lèvres. Elles sont fines, rosies, d'un charme indécent... Peut-être même que c'est ce que je préférais sur son visage. Jusqu'à ce qu'il s'en serve pour me mentir et me trahir. Aujourd'hui, des serpents pourraient sortir de sa bouche que je ne serais même pas surpris. “Vous allez la retrouver n'est-ce pas ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi est-ce qu'on m'appelle si tard ?”
 
“Je t'ai appelé vingt minutes après avoir prévenu les—”
 
“Une heure et demi plus tard ?” J'ai serré les dents. Ça y est, ça va commencer. “T'as mis une heure et demi à te rendre compte que notre fille avait disparu ?” Ma gorge se serre, ma poitrine se soulève plus que de raison.
 
“Trois quart d'heure, oui. J'étais au téléphone, je n'ai pas vu l'heure. C'est tout. J'ai fait tout ce qu'il fallait ensuite.” Et essayer de rester neutre quand on se déteste soi-même, c'est vraiment très compliqué.
 
“Mais tu te fous de moi, en plus ? Putain mais t'étais où ? Pourquoi est-ce que t'as pas été la chercher, hein ? C'est trop dur de faire passer notre fille avant ton putain de boulot ! C'est ça ? T'as encore envoyé un chauffeur à la con pour aller la récupérer ?” Et je n'ai rien répondu parce que tous ses reproches sont justifiés. Je les accepte en silence et il peut me blâmer autant qu'il le veut, pourvu qu'il ne craque pas tout de suite. L'agent en charge de l'enquête s'est raclé la gorge, quelque peu gêné, et nos regards ont convergé vers lui.
 
“J'aurais quelques questions à vous poser, Mr Tomlinson.” Louis a hoché la tête, tout tremblant. C'est vrai que sur l'instant, j'ai eu envie de le prendre dans mes bras mais je me suis rappelé de la force de la haine que j'avais envers lui et elle m'a tenu à distance. “Pourriez-vous nous décrire la tenue que portait Tessa en quittant votre domicile ce matin ?” Louis s'est tourné vers moi avec un regard assassin. Parce que oui, j'avais encore envoyé un chauffeur pour récupérer notre fille et que, par conséquent, j'avais été incapable de faire autre chose que fournir la photo la plus ressente que j'avais de Tessa. En général, je ne me considère pas comme un mauvais père, loin de là, mais il est certain qu'aujourd'hui, la vie me met le nez dans la merde et que j'ai vraiment l'air du pire des pères qui soit. Et j'ai envie de craquer moi, aussi. J'ai envie de montrer à quel point je panique et à quel point je m'en veux. J'ai envie de lâcher prise et de pleurer parce que s'il arrive quelque chose à mon bébé, je ne me le pardonnerais jamais. Mais je ne peux pas craquer parce que ce n'est pas mon genre. Tout le monde attend de moi que je garde mon sang froid parce que l'hystérique hypersensible, c'est mon ex-mari. Pas moi. “Elle avait une jupe plissée bleue marine avec une chemise blanche. Un peu à la manière d'un uniforme. C'est le règlement de l'école. Des ballerines blanches. Ses cheveux étaient tressés et elle avait un n½ud rouge dans les cheveux.” Sa voix tremble, se brise – et il se met à pleurer. Les gros sanglots incontrôlables qui broient littéralement mon c½ur. Alors dans un moment d'extrême faiblesse, je l'attire à moi pour tenter de le réconforter. La dernière fois qu'on s'est parlé de vive voix remonte à des années et pourtant, j'ai eu l'impression qu'on s'était quitté hier. La sensation de bien-être qui m'a parcouru lorsque je l'ai senti contre moi à nouveau a été très brève car il m'a violemment repoussé. “Qu'est-ce que tu fais, putain ? Me touche pas !” Et je crois que j'ai été blessé bien plus que je ne l'aurais dû. Peut-être qu'il l'a vu dans mes yeux parce que des excuses ont commencé à se former sur ses lèvres mais je lui ai tourné le dos pour aller m'asseoir dans le canapé, prêt des enquêteurs.
 
Ma ligne téléphonique a été mise sur écoute parce que d'après l'unité chargée des kidnappings, la demande de rançon est une piste à envisager fortement. J'ai fixé le combiné en silence en me demandant si Tessa était bien traitée, si elle allait bien, si on lui avait fait du mal, si elle était toujours vivante. Ma gorge s'est serrée et j'ai eu de mal à ne pas flancher. J'espère vraiment que ce téléphone va sonner parce que s'il ne sonne pas, ça veut dire qu'on fait fausse route et qu'on a perdu encore plus de temps que moi tout à l'heure. Et je m'en veux à nouveau parce que j'ai pris mon après-midi et que j'étais chez moi. J'attendais qu'elle rentre pour lui faire une surprise mais elle n'arrivait pas. Puis la directrice m'a téléphoné et je n'ai pas vu le temps défiler tout simplement parce que j'étais en colère. J'étais en colère du comportement de Tessa et j'attendais qu'elle rentre de pied ferme pour lui passer un savon. Mais elle n'est pas rentrée. Alors quand j'ai appelé Federico et qu'il m'a dit qu'il la cherchait depuis plus de trois quart d'heure mais qu'il n'avait pas osé m'appeler, je suis devenu dingue. Ensuite, je sais que j'ai fait ce qu'il fallait. Je le sais. Mais peut-être que c'était trop tard et si c'était le cas alors je ne pourrais m'en prendre qu'à moi-même.
 
Rester assis ne m'aidait pas vraiment à me contenir alors j'ai fini par me relever pour errer dans le salon. Je tournais en rond quand Edith est arrivée. Elle avait les clés alors elle a su se faire discrète mais Louis l'a remarqué – et il m'a jeté un regard noir. Parce que oui, aucun de nous n'a quitté le salon depuis qu'il est arrivé et il ne m'a pas entendu téléphoner. Alors il en a conclu que, oui, j'avais appelé Edith avant lui. Mais j'y peux rien si je suis bien plus proche de la nourrice de ma fille et que de mon ex-mari. Edith s'est approchée de moi et même si je l'ai vu hésiter, elle m'a serré dans ses bras quelques secondes. Ce n'est pas quelque chose qu'on fait en temps normal mais je crois qu'aujourd'hui, les circonstances sont différentes. “Alors, vous avez des nouvelles ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi est-ce qu'ils ne diffusent pas sa photo partout ?”
 
“Ils pensent que ça pourrait la mettre en danger. Ils pensent qu'ils vont appeler pour une demande de rançon.” J'ai été soulagé que quelqu'un soit de mon côté pour de vrai, j'ai été soulagé de ne pas avoir un regard lourd de ranc½ur en plus à supporter.
 
“Mais personne ne la recherche autrement ?”
 
“Si, si. Ils ont une équipe qui rassemble toutes les informations possibles. Ils font le tour des élèves de l'école et c'est comme ça qu'ils ont su qu'elle était montée dans une voiture semblable à la mienne. Elle a dû croire que je venais la chercher à cause de ce qu'il s'est passé à l'école aujourd'hui...” Edith m'a regardé avec un air interrogateur.
 
“Qu'est-ce qu'il s'est passé ?”
 
“Elle s'est bagarrée avec une fille de sa classe.”
 
“PARDON ?” Louis, qui tendait visiblement l'oreille depuis tout à l'heure, a débarqué à nos côtés sans même prendre la peine de saluer Edith. “Tess ne se battrait jamais.”
 
“Pourtant, la directrice m'a téléphoné à 16h15 pour m'en parler. Voilà pourquoi j'ai pas vu le temps passer.”
 
“Et tu comptais m'en parler quand ? Jamais ?” J'ai haussé un sourcil.
 
“Parce qu'on se parle, maintenant ? On communique ?” Il n'a pas pipé mot. “Je pensais lui dire de te téléphoner dans la soirée.” Mais j'ai reporté mon attention sur Edith parce qu'après tout, c'était à elle que j'avais envie de parler. Pas à lui.
 
“Et elle ne s'est pas enfuis ?”
 
“A cause de ce qu'il s'était passé aujourd'hui ? Oui, c'est ce que j'ai pensé au début alors ils ont téléphoné à toutes ses copines et c'est comme ça qu'ils ont su qu'elle était montée dans une voiture semblable à la mienne.”
 
“Bon sang...” Elle avait l'air complètement choquée et je l'ai conduite dans la cuisine pour qu'elle puisse s'asseoir avant de lui servir un verre d'eau. Louis n'a pas osé nous suivre mais je le voyais faire les cent pas dehors et j'avais envie de le gifler. Il m'a repoussé tout à l'heure alors il est hors de question que je lui accorde une quelconque attention maintenant. “Vous êtes venue rapidement...”
 
“J'ai pris un taxi, j'aurais mis encore plus longtemps en métro...”
 
“Je le rajouterai sur votre paye, d'accord ? Merci d'être venue. D'être là. Tessa sera vraiment heureuse de vous voir à son retour.” Elle m'a souri et je savais que je n'étais pas en train de lui servir des salades. Tessa adore Edith, elle est là depuis toujours.
 
“Je suis sûre qu'el—” Mais mon portable s'est mis à sonner alors je ne l'ai pas laissé finir sa phrase. J'ai foncé dans le salon pour m'asseoir dans le canapé. Louis s'est assis à côté de moi mais on lui a fait signe de ne pas se montrer, au cas où. Ils avaient visiblement eu le temps de mettre le portable de Louis sur écoute aussi mais... ils ont voulu se faire passer pour moi à la sortie de l'école alors il est presque logique que ce soit moi qu'ils appellent. Et ça me rassure, je sais garder mon sang froid.
 
“Tout le monde se tait ! Et Harry, décrochez dans 3, 2...” Il a continué le décompte en me le mimant et à zéro, j'ai décroché. C'était un appel-vidéo. L'espace d'une seconde j'ai retenu ma respiration en cherchant Tessa des yeux mais elle n'était pas là. L'homme qui me faisait face était cagoulé ; impossible de faire une quelconque description physique.
 
“Bonjour, Mr Styles.” Sa voix était masquée par je ne sais quel méthode – on aurait dit un robot. Cependant, je n'ai pas répondu même si mon envie de l'insulter grandissait en moi chaque secondes. “Nous connaissons tous les deux les raisons de mon appel alors je vais être bref, il nous faut dix millions de dollars. Cash. Et si tout se passe bien, on vous rendra votre fille.”
 
“Où est-elle ? Comment est-ce qu'elle va ?” Mais il a pris un malin plaisir à ignorer ma question.
 
“Je suppose que la police a déjà été prévenue de sa disparition alors je vais vous demandez de les rappeler, de leur dire que finalement, votre fille n'a pas fugué et qu'elle est rentrée à la maison. Je vous laisse le temps d'agir, de faire ce qu'il faut et puis je vous rappellerai pour fixer un point de rendez-vous.”
 
“Je ne peux pas avoir tout cet argent en une nuit.”
 
“Il faudra pourtant. Votre ex-mari doit certainement pouvoir vous aidez. Sinon, vous pouvez être sûr de ne pas revoir votre fille en entier.” Et il a raccroché sans même me laisser le temps de réagir. A côté de moi, Louis m'a bousculé en me traitant d'imbécile pour je ne sais quel raison mais comme il pleurait à nouveau, on ne comprenait rien du tout et tout le monde me parlait en même temps mais je n'entendais rien. J'ai capté quelques bribes de phrases comme 'téléphone prépayé', 'pas localisable' et 'tu pouvais pas demander à la voir gros abruti' mais c'est tout.
 
Ça y est. C'est réel.
 
Tessa s'est faite kidnapper et ce n'est pas une erreur. Ce n'est pas une fugue idiote qu'on aurait pu lui pardonner après l'avoir disputé. Ce n'est pas un quiproquo avec une maman qui l'aurait emmené pour jouer chez elle avec une copine par erreur. Ce n'est personne de notre famille qui a oublié de nous prévenir.
 
C'est un kidnapping.
 
Alors j'ai l'impression que tout s'arrête autour de moi. Je n'entends plus rien et ça me fait du bien. Si on me parle, je ne réponds pas parce que je n'y arrive pas. Je me contente de me lever en silence et je me dirige vers la table du salon parce qu'elle est tellement en désordre que c'est inconcevable de recevoir des gens avec autant de bazar partout.
 
Je prends les verres qui traînent et la bouteille d'eau avant d'aller les ranger dans la cuisine. A leur place. Ça me rassure. Et puis je retourne dans le salon pour ranger les livres qui n'étaient plus dans la bibliothèque mais je sens le regard de Louis – enfin, de tout le monde mais Louis est bien plus insistant – sur moi alors je relève la tête. “Mais qu'est-ce que tu fous putain ?”
 
“Je range le désordre.” Louis m'a regardé en silence un moment, il a regardé autour de lui, comme pour s'assurer que ce n'était pas une caméra cachée puis il a de nouveau planté son regard dans le mien.
 
“Tu ranges le désordre ?”
 
“Oui. C'est ce que je viens de dire.” J'ai terminé de ramasser ce qui trainait sur la table du salon mais quand je suis passé devant lui pour aller ranger les livres dans la bibliothèque, il a donné un coup dedans pour tout faire tomber. “Mais qu'est-ce que tu fais ?”
 
“Toi, qu'est-ce que tu fais ? Notre fille est on ne sait où et toi t'agis comme un psychopathe de maniaque mais bordel, Harry, est-ce vraiment le moment ?” J'ai soupiré et je me suis baissé pour tout ramasser mais il a shooté dedans alors je me suis vivement relevé pour le bousculer – violemment. Plusieurs agents ont eu un mouvement qui laissait entendre qu'ils étaient prêt à intervenir en cas de débordement mais ils n'ont par directement agit.
 
“Mais c'est quoi ton problème, putain ?”
 
“Mon problème c'est que, par ta faute, notre fille s'est faite kidnapper par des enfoirés de malade mentaux et toi, t'es en train de ranger tes livres !”
 
“Et qu'est-ce que tu veux que je fasse, Louis ? Hein ? Dis-moi ? Tu veux que moi aussi j'ai l'air d'un hystérique à pleurer toutes les trois minutes et que je hurle chaque fois que j'en ai l'occasion, c'est ça ? Excuse-moi de ne pas gérer mes émotions de la même façon que toi.” Il a affiché un air étonné et puis, il s'est mis à rire. C'était nerveux parce que ça a complètement déformé son visage. Tout le monde nous écoutait mais au moment où j'allais lui proposer de continuer la conversation ailleurs, il a explosé.
 
“Quelles émotions ?” J'ai froncé les sourcils, pas certain de comprendre. J'ai cherché le regard d'Edith mais elle était certainement derrière moi parce que je ne l'ai pas trouvé. “Tu ressens rien, Harry. T'es complètement mort à l'intérieur !”
 
“Arrête, Louis. Tout le monde te regarde.” Mais il a secoué la tête.
 
“C'est pas moi qu'ils regardent, c'est toi. Toi qui n'est pas foutu de t'occuper de ta fille et qui délègue tout à une nourrice, toi qui fait passer ton boulot avant ta vie de famille et qui se fiche pas mal des répercussions que ça pourrait avoir. Toi qui es si rigide, complètement froid et dénué de tout sentiment. Voilà ce qu'ils regardent !” Il est en colère, il cherche un coupable, rien de plus. Il ne peut pas penser tout ça de moi parce qu'il me connait car on a vécu ensemble. Il sait que je ne suis pas quelqu'un de froid mais que je suis réservé, pudique. Il sait que je ne suis pas quelqu'un de rigide mais que mon éducation m'a conditionnée avec des valeurs dont je ne peux me défaire. Il sait que je ne suis pas dénué de sentiment parce qu'on a été amoureux. Il le sait. Alors j'encaisse même si c'est douloureux. J'encaisse parce qu'il a le droit d'être en colère et que si ça le rassure de se défouler sur moi alors c'est tant mieux. Moi, ça me rassure que chaque chose soit à sa place.
 
“Tu deviens ridicule, Louis.” J'ai rompu tout contact visuel pour aller ramasser les livres dans lesquels il avait shooté et puis j'ai été les ranger. Tranquillement.
 
“C'est moi qui suis ridicule ?”
 
“Oui.” Je ne le regarde pas. Je sais que je devrais arrêter de répondre parce qu'au fond, ce sont mes réponses qui lui permettent de rebondir encore et encore mais j'ai du mal à encaisser qu'il tente de me décrédibiliser devant tout le monde. “ Ce n'est pas parce que tu pleures et que tu cries sur tout le monde que c'est toi qui souffre le plus. Ce n'est même pas une compétition. Et si t'apparaissait pas tous les quatre matins dans les journaux avec Tessa, tu peux me croire, on n'en serait pas là aujourd'hui. Je t'avais dit de la garder éloigner de tout ça ! Je t'avais prévenu qu'un jour, ça finirait par se retourner contre toi ! Et voilà ce qu'il se passe maintenant ! Si tu m'avais écouté et que tu avais accepté que personne ne connaisse le visage de notre fille alors personne n'aurait été la kidnapper à la sortie de l'école !” Des larmes ont de nouveau inondées ses joues. Je me fiche que les journaux pensent que le bon père, c'est lui. Je voulais juste qu'il ne montre jamais le visage de Tessa. Et il n'en a rien eu à fiche parce qu'il avait l'impression d'être plus important que moi. On a tous les deux nos tords, aujourd'hui ou avant. Et il a du mal à l'accepter. “Alors oui, tu es ridicule. Je travaille dur pour que Tessa puisse hériter de quelque chose que j'aurais bâti moi-même. Tu ne peux pas en dire autant, je suppose.” Et ça ne lui a pas plus, je l'ai vu dans ses yeux. Il déteste que je fasse référence à ses valeurs inexistantes. Pour lui, on est riche, c'est cool. Mais si un jour il perd tout alors il devient clochard et fin de l'histoire. Mais moi, je connais la valeur de l'argent, j'ai lutté pour être la personne que je suis aujourd'hui, j'ai lutté pour offrir à Tessa tout ce qu'elle méritait. Mais il est hors de question que j'en fasse une petite héritière pourrie gâtée. Et ça, Louis ne l'accepte pas. Il ne l'a jamais accepté d'ailleurs. Mais montrer à la terre entière qu'il emmène sa fille à travers le monde et qu'il organise les anniversaires les plus dingues pour elle ne fait pas de lui quelqu'un de meilleur. Peut-être que j'ai l'air froid mais je ne le suis pas avec Tessa et c'est la seule personne qui importe. Juste elle.
 
“Qu'est-ce que t'essaie de faire croire avec ton costard à dix milles dollars, hein ? Je t'ai vu à poil j'te rappelle. Et tu peux me croire, t'es un imposteur. Sans tes fringues, et ta Rolex, tu ne vaux rien du tout. Et si Tessa pouvait rester avec moi toute l'année sans avoir peur de te faire de la peine, je peux t'assurer qu'elle n'y réfléchirait pas deux secondes avant d'accepter.” Et je crois que c'était le coup de poignard en trop. J'ai affiché un sourire de circonstance et je me suis excusé auprès de toutes les personnes qui avaient investi les lieux pour pouvoir m'éclipser dans ma chambre. J'ai été m'asseoir sur mon lit, forcé de constater que cette pièce était vide et ne dégageait aucune chaleur. Comme moi. J'ai défait le n½ud de ma cravate avant de la balancer à travers la pièce. J'ai voulu la laisser là, sur le sol. J'ai voulu faire mentir Louis sur ma rigidité mais je n'en ai pas été capable. Alors je me suis levé, las d'être moi-même, et j'ai été ramasser ma cravate. Je l'ai rangé à sa place, et je me suis senti un peu mieux. Minable mais un peu mieux.
 
Quand la porte s'est ouverte, Edith est entrée, la mine triste. Elle n'avait pas pitié, je la connais assez pour m'en rendre compte, elle était juste triste. “Vous devriez vous mettre à l'aise, Monsieur. Quand Tessa rentrera à la maison, elle voudra retrouver son papa. Celui qui lui raconte des histoires et qui brûlent tous les gâteaux qu'il essaie de faire avec elle.” J'ai affiché un pâle sourire. Ça devrait être douloureux de me rendre compte que la seule personne qui me connaisse vraiment ne soit pas celle dont j'ai toujours été amoureux mais une employée que je croise de temps à autre... sauf que ça ne l'est pas. Ce n'est pas douloureux parce que si elle sait tout ça, c'est que Tessa le lui a raconté. “Tessa ne voudrait pas retrouver l'homme d'affaire qu'elle déteste voir rentrer trop tard, elle préférerait l'autre, celui qui personne ne connait vraiment.” J'ai hoché la tête, sans un mot. “Je vais préparer du café pour tout le monde. Je vous garde une tasse de côté ?”
 
“S'il vous plait, oui.” Elle a affiché un sourire poli, prête à se retirer. “Edith ?”
 
“Oui, Monsieur ?”
 
“Merci de tout ce que vous faites pour nous. Je ne vous l'ai certainement jamais dit mais je vous suis reconnaissant de tout ce que vous apportez à ma famille. Chaque jour.”
 
“C'est mon métier, Monsieur.”
 
“Je le sais. Mais vous êtes certainement la mère que Tessa n'aura jamais, son modèle féminin, et je pense ne pas me tromper en affirmant qu'on ne pouvait pas espérer mieux pour elle.” J'ai vu son regard se voiler et la reconnaissance qu'il exprimait à cet instant m'a moi-même bouleversé. Jamais je n'aurais pensé un jour que ma seule amie soit la nourrice de ma fille.
 
“Vous n'êtes pas tout ce qu'il a dit. Vous êtes un bon père. C'est tout ce qui compte aujourd'hui.”
 
“Merci, Edith.” Je lui ai adressé un sourire sincère et le poids qui compressait mon c½ur avait eu l'air un peu moins lourd. Juste un peu. “Je vous rejoins dans la cuisine d'ici quelques minutes. Commandez quelques pizzas, s'il vous plait. Qu'on puisse leur servir quelque chose.” Elle a hoché la tête avant de se retourner pour sortir. Quand la porte s'est ouverte, j'ai vu Edith sursauter légèrement ; elle s'est excusée auprès de Louis pour avoir failli entrer en collision avec lui puis elle s'est éclipsée. J'ai tenté de masquer mon agacement, ma peine et ma solitude – et comme je n'y parvenais pas, je lui ai tourné le dos. J'ai été dans mon dressing pour enfiler autre chose qu'un costard à dix mille dollars et je l'ai entendu rentrer, s'asseoir sur le lit. C'est la première fois qu'il rentre ici. Dans tout l'appartement, même, mais je crois qu'ici, c'est différent.
 
“Mes paroles ont un peu dépassées ma pensée.” Je n'ai rien répondu. Je sais qu'il pense tout ça – en colère ou pas. N'importe quelle personne sensée penserait la même chose que lui. “J'ai... j'ai surpris votre conversation avec Edith.” Il n'a rien dit un moment, comme s'il voulait que je réagisse mais je n'avais plus envie de l'entendre, jamais. Alors j'ai terminé de me changer, j'ai rangé mes vêtements et j'ai traversé la chambre avant de sortir sans même prendre la peine de le regarder un instant.
 
J'avais enfilé un t-shirt simple et un pantalon de survêtement dans lequel j'avais l'impression de respirer à nouveau. J'ai mis en route le papa en moi, la partie dont peu de personne connaissait l'existence et, étrangement, je me suis senti bien plus à ma place que tout à l'heure. J'ai rejoint Edith dans la cuisine et comme elle était au téléphone avec la pizzeria du coin de la rue, j'ai été porter moi-même le plateau de cafés dans le salon. Même si j'ai senti tous les regards converger vers moi, personne n'a fait aucune remarque. “Edith commande des pizzas.”
 
“Merci. Peut-être que vous pourriez aller vous reposer, vous serez le premier au courant si qu—”
 
“Ça ira, merci. Je préfère attendre ici. Ils vont rappeler.” L'inspecteur a hoché la tête et je me suis installé dans le canapé avant de prendre une tasse de café et d'en boire une grosse gorgée. Je suis complètement vidé émotionnellement, j'ai envie que toute cette histoire soit rapidement réglée mais visiblement, tout le monde piétine et ça me rend malade. “J'irais porter l'argent demain. Seul.” Une fois de plus, tous les regards se sont portés sur moi.
 
“Nous ne pouvons pas prendre ce risque. Si vous êtes en réalité la personne visée alors—”
 
“Alors il n'y aura aucune raison pour qu'ils gardent ma fille.” J'ai senti le canapé s'affaisser à côté de moi et même si je n'ai pas tourné la tête, j'ai su que c'était Louis.
 
“Il est hors de question que tu te mettes en danger inutilement.” Mais je ne l'ai pas écouté et j'ai continué d'ignorer sa présence.
 
“Quand ils rappelleront, je leur dirai que je peux réunir l'argent sans problème et que je le leur donnerai en échange de ma fille.”
 
“Non ! C'est—”
 
“D'accord.” La mâchoire de Louis s'est décrochée quand l'agent en chef m'a approuvé. Personne ne sait qui je suis. Personne d'autre que Louis n'est visé ici : c'est lui qui a un nom célèbre, c'est sa fortune qui est visée, pas la mienne. Et j'estime que la priorité c'est Tessa. “Nous allons mettre en place un—” Mais le téléphone a de nouveau sonné et tout le monde a retenu sa respiration. De nouveau, c'était un appel-vidéo. J'ai décroché pendant que tout le monde s'activait autour de moi. Je ne savais pas pourquoi est-ce que les ravisseurs n'étaient pas en contact avec Louis mais c'était peut-être parce qu'ils connaissaient mon métier et qu'ils espéraient pouvoir mieux marchander avec un trader plutôt qu'avec un imbécile d'héritier – je reprends juste des termes que j'ai déjà lu quelque part. Je sais que Louis n'est pas un imbécile. Même s'il en a souvent l'air.
 
“Avez-vous prévenu la police que tout était rentré dans l'ordre ?” Sa voix est toujours masquée. Il est toujours cagoulé.
 
“Oui. Mais ils veulent que je passe avec Tessa demain pour s'assurer que tout va bien.”
 
“Très bien. Ce ne sera pas un problème puisque si tout se passe bien, vous récupérerez Tessa demain.” J'ai hoché la tête en silence. Mon c½ur battait si vite que j'avais l'impression que j'allais m'évanouir et c'était sans parler du tremblement dans mes mains qui rendait l'image complètement floue par moment. “Soyez à Times Square demain à midi, on saura vous retrouver. N'oubliez pas, dix millions de dollars en cash. C'est clair ?”
 
“Oui. Mais pas avant d'avoir vu ma fille. Maintenant.” Et cette fois-ci, mon ton est ferme. Sans appel. Hors de question que je ne m'assure pas qu'elle va bien. Il hésite un moment et puis il se tourne sur la gauche.
 
“Ramène la gamine.” Je sais qu'il est hors de question que je perde mon sang froid. Mais Louis à côté de moi se raidi complètement et il risque de tout faire foirer s'il ouvre la bouche. “Pas un mot. Si tu l'ouvres, on sera obligé de lui faire mal, c'est clair ?” Ma mâchoire se serre mais je hoche la tête. Mon c½ur bat trop vite, trop fort. Ma cage thoracique se soulève à intervalle irrégulier et j'ai l'impression que je vais faire un malaise. Je ne sais pas combien de temps ça dure mais soudain, on entend une porte. Des pas. Une voix fluette complètement déboussolée. Et c'est elle, je la reconnais. Mon c½ur se brise lorsque j'entends qu'elle demande ce qu'il se passe mais ils la font s'asseoir sur une chaise et enfin, je peux voir mon bébé. Elle a l'air d'aller bien, physiquement, et c'est ce qui compte. Ils lui ont bandé les yeux et ne pas pouvoir la rassurer me rend malade. J'ai envie de lui dire qu'on va venir la chercher, que tout va bien se passer mais je me tais. Et je suis soulagé que Louis en fasse autant même si je le sens effondré à côté de moi. Puis d'un coup, tout s'agite derrière moi. En silence, bien sûr, mais je dois lutter pour ne pas regarder derrière et me trahir. Au même moment, l'homme qui tient le téléphone le tourne à nouveau vers lui. “Ne sois en retard.” Et il raccroche.
 
Je reste abasourdi quelques secondes et puis j'entends la phrase la plus inespérée de la journée. “On a un signal ! Putain on les tient !” En moins d'une minute, c'est l'effervescence et tout le monde se bouge, se lève. Je ne comprends pas ce qu'il se passe et Louis est tout aussi perdu que moi mais je continue de l'ignorer. Je me lève, je veux de me rendre utile mais au lieu de ça, je reste planté au milieu du salon à ne pas savoir quoi faire. L'une des jeunes femmes de l'équipe s'approche de moi, un air tellement soulagé sur le visage que ça me détend presque.
 
“En amenant Tessa pour vous la montrer, ils l'ont certainement trop éloigné du brouilleur. On a une adresse. On s'y rend maintenant.” Je serais incapable de décrire le soulagement que j'ai ressenti lorsqu'elle a prononcé cette phrase. J'avais l'impression qu'enfin, j'avais pu être utile à quelque chose et qu'enfin, tout allait rentrer dans l'ordre. La montée d'espoir était beaucoup trop puissante pour que je me méfie d'un quelconque échec. Je sais que tout est sur le point de s'arranger. Je le sens.
 
“Je viens avec vous.” Et elle ne me dit pas non, certainement parce qu'ils sont conscient qu'ils ont l'avantage. Ils savent qu'ils vont rentrer dans la maison et ressortir avec ma fille. Ils le savent. Louis était à côté de moi tout ce temps mais je ne l'avais même pas remarqué. C'est seulement quand j'ai voulu me précipiter dans l'entrée pour enfiler des chaussures que j'ai senti qu'il me serrait la main. Sans prendre de pincette, je me suis défais de son étreinte et j'ai foncé.
 
Quand on s'est tous retrouvé en bas, j'ai simplement fait en sorte de ne pas me retrouver dans la même voiture que lui.
 
 
Louis Tomlinson
 
J'ai toujours cru que les plus gros stress de ma vie, je les avais eu les jours où j'avais juste failli rater un avion ; je me rends compte aujourd'hui qu'avant que ma fille ne se fasse kidnapper, j'ai été drôlement bien dorloté par la vie. Bien sûr, rater un avion et perdre son enfant n'a rien de comparable, ce n'est pas ce que je suis en train de dire, mais nous n'avons jamais eu de problème avec Tessa. Jamais qui soit assez gros pour remettre en cause notre manière de l'élever.
 
J'ai toujours trouvé Harry trop sérieux, trop à cheval sur la sécurité et sur tout un tas d'autres choses. Je trouvais qu'il exagérait toujours parce que c'est le genre de chose qui n'arrive qu'aux autres et que son obsession pour la sécurité lui donnait simplement un air de cinglé. Mais c'est lui qui avait raison sur toute la ligne. C'est lui, le bon père alors que je suis le bon copain. Et je m'en veux pour ça. Sans la paranoïa de mon ex-mari, je ne serais pas dans une voiture de police qui roule à vive allure pour aller retrouver ma fille. Je serais encore en train de pleurer parce qu'on n'aurait rien pu faire d'autre qu'attendre le lendemain en espérant que tout se serait passé pour le mieux.
 
J'aurais aimé monter avec lui en voiture, le remercier et rester à ses côtés pour me sentir en sécurité mais je suppose qu'une fois de plus, je l'ai trop blessé pour qu'il fasse machine arrière alors nous allons devoir reprendre nos vies exactement là où nous les avions laissé ce matin. Je crois qu'hier, ça ne m'aurait pas dérangé mais aujourd'hui, j'ai l'impression que c'est différent. J'ai toujours pensé qu'Harry était un père trop peu présent pour être vraiment considéré comme tel et le fait que Tessa ne m'en parlait jamais me confortait dans cette idée. Je ne me suis jamais dit que si elle ne me parlait pas de son père c'était parce qu'elle avait compris que je ne voulais pas entendre parler de lui. Et le discours d'Edith m'a rappelé que j'étais tombé amoureux d'Harry, il y a bien longtemps, et que ce n'était pas à cause de son air carriériste, froid et sans c½ur – bien au contraire.
 
Peut-être même qu'il me manque un peu maintenant que je l'ai revu.
 
Je sais bien que je suis celui qui a commis l'adultère, celui qui a blessé son orgueil au point qu'il soit incapable de passer l'éponge mais... nous n'étions plus que des étrangers à cette époque-là. J'avais perdu mon mari et j'avais été incapable de capter son attention autrement que de cette manière. Bien sûr, je n'ai aucune excuse mais je n'aimais plus les personnes que nous étions devenues – lui surtout – et j'ai cru à tord que ça le ferait réagir. Qu'il se battrait pour me récupérer. Mais non. Il m'a froidement balancé les papiers du divorce et on a commencé à prétendre qu'on se détestait. Sauf que pour être franc... je ne crois pas l'avoir vraiment détester plus d'une seconde. Je me suis simplement fait à sa non-présence et j'ai compensé avec celle de Tessa qui grandissait toujours plus. “Mr Tomlinson ?”
 
On m'a arraché si vite à mes pensées que mon c½ur a eu un loupé monumental. Toutes les voitures étaient garées en cercle autour de la maison des présumés ravisseurs et tout le monde avait l'air de s'agiter dans le plus grand des silences, à l'extérieur. Harry était déjà dehors, bras croisés, mort d'inquiétude et j'ai voulu sortir mais une main sur mon épaule m'en a empêché. “Je veux y aller aussi, je veux être là quand ma fille sortira.”
 
“Promettez-moi d'attendre qu'on vous autorise à bouger pour le faire.”
 
“Bien sûr.” Je sais que j'ai l'air d'un gars instable, comme ça, mais il en va de la sécurité de mon enfant, je ne suis pas complètement idiot. J'ai eu l'autorisation de sortir et au même moment, ils ont lancé l'assaut. Mon c½ur s'est emballé si vite que je me suis mis à voir des étoiles. Mais je n'ai pas flanché. J'ai été me poster prêt d'Harry et je reconnais que j'ai cherché sa main mais il n'a pas décroisé les bras. Il ne m'a même pas regardé une seconde. Il fixait la porte dans le plus grand des calmes. “Peut-être qu'on pourrait prolonger les vacances de Tessa après ça... je veux dire, inutile de la remettre à l'école demain.” Il a hoché la tête et j'ai presque été surpris de sa réaction. Bon, ce n'est pas un monstre non plus mais l'école c'est tellement important pour lui que ça m'étonne qu'il cède comme ça. “Tu crois qu'on pourrait inverser nos semaines pour une fois ?” Enfin, il a daigné me regardé et il a ouvert la bouche sans qu'aucun son ne sorte. “Comme tu travailles... c'est mieux si elle n'est pas seule avec Edith. J'ai rien contre elle, hein, mais... c'est mieux si elle est avec l'un de nous, non ?”
 
Il a hésité un long moment et j'ai vu qu'un millier de choses lui étaient passées par la tête à cet instant. Puis il a soupiré. “Comme tu veux.” J'ai pris ça pour un oui et son regard s'est à nouveau posé sur la porte. Moi aussi, je me suis mis à la fixer et quand elle s'est enfin ouverte, les battements de mon c½ur se sont affolés encore et toujours. Plusieurs personnes sont sorties d'un coup mais mes yeux n'en cherchaient qu'une seule alors quand je l'aperçois enfin, dans les bras d'un agent, je suis incapable de contrôler mon émotion et je me mets à pleurer. Lorsqu'ils sont assez proches, elle se fait déposer sur le sol et je me baisse pour la réceptionner comme il se doit ; elle court aussi vite que possible et me fonce si fort entre les bras que je manque de perdre l'équilibre. Je ne sais pas lequel de nous deux tremble le plus mais elle a l'air tellement fragile et perdue entre mes bras que je n'ai plus jamais envie de la lâcher. “Ça va aller mon c½ur, tu vas rester avec moi toute la semaine et on va s'assurer que ce genre situation n'arrive plus jamais, je t'aime, je t'aime, je t'aime.” Je l'ai senti hocher la tête contre moi et je l'ai bercé un long moment avant qu'elle n'essaie de prendre ses distances. Je n'ai pas vraiment compris pourquoi au début et puis je me suis rappelé qu'Harry était là, lui aussi. Et il n'y a pas de mot pour exprimer à quel point je m'en suis voulu de faire comme si j'étais tout seul. Alors je l'ai libéré et elle a été se blottir contre son père. Il s'est baissé pour l'attraper avant de la porter sans mal et de la serrer entre ses bras. Et ils avaient l'air si proche et si complice que mon ventre s'est légèrement tordu – je serais malheureusement incapable de définir si c'était l'émotion de les voir tous les deux ou si c'était de la jalousie.
 
“Tout va bien ? Est-ce que tu as mal quelque part ?” Tessa a secoué la tête et je m'en suis voulu de ne pas avoir posé la question. Moi aussi ça m'inquiète. Mais c'est lui qui pense toujours à ce genre de chose, pas moi. “Ils t'ont fait quelque chose ? Est-ce que tu as vu leur visage ?” Une fois de plus, elle a secoué la tête et il a eu l'air soulagé – alors je l'ai été aussi. Il a embrassé sa tempe avant qu'elle n'enfouisse sa tête dans son cou et qu'elle le serre encore plus fort. “Ça va aller mon ange, on va aller s'assurer que tout va bien avec un médecin et tu pourras rentrer à la maison pour te reposer.” Et au moment où je m'apprête à lui demander de quoi il parle, Tessa ouvre enfin la bouche.
 
“T'es pas fâché à cause de l'école ?”
 
“Si. Mais ce n'est pas le moment de discuter de ça, d'accord ? On en parlera plus tard toi et moi. Tranquillement. Mais je ne t'aime pas moins, tu le sais, hein ? L'important c'est que tu ailles bien.”
 
“Oui.” Et je ne sais pas ce qui lui prend de lui dire qu'il est toujours fâché. J'aurais passé l'éponge sans me poser de question parce qu'elle vient de vivre un truc grave mais lui, il continue avec sa non-ouverture d'esprit et ça me tue. Je cherche son regard mais il m'évite et c'est seulement quand un agent de police s'approche de lui qu'il redépose doucement Tessa sur le sol.
 
“Tu vas avec papa ? Je vais parler un peu à la police et au médecin et j'arrive.” Il s'est penché pour embrasser son front et j'ai naturellement glissé ma main dans celle de Tessa mais au bout de quelques secondes, elle a passé ses bras autour de ma taille alors j'ai glissé une main dans son dos pour le lui caresser tendrement. Je suis officiellement incapable de la porter depuis qu'elle a 6 ans et je dois avouer que ça me fend un peu le c½ur en cet instant précis.
 
“Qu'est-ce que tu veux manger ce soir ? Tu as faim ?” Elle a timidement hoché la tête et ça m'a rassuré. “Super. Qu'est-ce que tu penses de manger des sushis ? Ou bien McDonald's ?” Elle a levé les yeux vers moi avec un petit sourire et j'ai compris ce que ça voulait dire. “McDo, hein ?”
 
“Oui.”
 
“Alors d'accord.” J'ai continué de caresser tendrement son dos tout en essayant de deviner ce que se disaient Harry et le médecin mais rien à faire, je suis incapable de lire sur les lèvres. Il n'a pas mis très longtemps à revenir, cela dit. “Alors ?” Il m'a souri mais il a porté son attention sur Tessa.
 
“Tu vois l'ambulance, là-bas ?” Tessa a tourné son regard sur la gauche avant de faire oui de la tête à Harry. “On va y aller et ils vont s'assurer que tout va bien.”
 
“Mais je veux pas aller à l'hôpital !”
 
“Je sais mon ange, tu n'y vas pas. C'est comme si on allait chez le médecin tous les deux, mais dans l'ambulance.” Et là, j'ai tiré une gueule de trois km. Comment ça, quand ils vont chez le médecin tous les deux ?
 
“Quel médecin ?” Harry a relevé la tête, l'air de me dire 'pas maintenant' et j'ai pris sur moi pour ne pas insister.
 
“Comme tu vas aller chez papa cette semaine, on va décaler le rendez-vous avec le Dr Keller à la semaine suivante ?”
 
“D'accord papa. Mais ça change qu'un peu. C'est pas très grave.” Il a hoché la tête et quand Tessa s'est approchée de lui pour lui faire un câlin, j'aurais vraiment juré que c'était notre fille qui était en train de le rassurer et non pas l'inverse. Et c'était assez perturbant de les voir si proche, de voir qu'ils se connaissaient aussi bien. C'est idiot parce que j'ai la même relation avec ma fille mais je pensais simplement être le seul.
 
“Tu es sûre qu'ils ne t'ont rien fait, hein ? Rien du tout ?”
 
“Sûre, sûre.”
 
“Ils ne t'ont pas menacé de nous faire quelque chose si jamais tu révélais quoi que ce soit ? Parce que tu sais qu'ils ne pourront rien faire, c'était juste pour te faire peur...”
 
“Ils m'ont même pas parlé, tu sais. Mais ils m'ont donné des gâteaux. Je les ai pas mangé, comme tu m'as appris car c'est des inconnus ceux-là, avec des cagoules et tout et tout.” Harry a eu l'air de se détendre et il a laissé échapper un rire nerveux. Je crois qu'elle ne se rend pas compte de ce qu'il s'est passé et ce n'est peut-être pas plus mal. Et ils sont tellement beaux ensemble que je m'en veux de manquer ça tous les jours. Je pourrais les regarder interagir pendant des heures et des heures même si j'ai parfois l'impression d'être jaloux. Cela dit, je ne crois pas être jaloux de leur relation mais plutôt de ne pas en faire partie. Et j'ai tellement l'impression d'être un père négligeant à côté de lui que j'en viens à me remettre en question. Pour de vrai. Pourquoi est-ce qu'il ne m'a pas dit comment m'occuper d'elle quand il est parti, hein ? Ou plutôt... pourquoi est-ce que je ne l'ai pas écouté. Bon sang. Ça me rend malade de prendre conscience que je suis passé à côté de beaucoup de choses. La plupart des trucs que j'ai organisés pour Tess, c'était également pour que le monde entier voit que j'étais un père cool. Pour que mon ex-mari se rende compte que son comportement envers elle était tout bonnement honteux et pas digne d'un bon parent. Mais je me suis trompé. Puis il n'en a jamais rien eu à faire de ce que les autres pensaient de lui parce qu'il savait que ce qu'il faisait pour Tessa était suffisant pour qu'elle soit heureuse. Et c'est tout ce qui aurait dû compter pour moi aussi.
 
Le médecin dépêché sur place est venu chercher Tess alors on les a suivi mais on est resté un peu à l'écart. J'ai hésité un moment et puis... je me suis tourné vers lui. “C'est qui, le Dr Keller ?” Ça me dit quelque chose mais je suis incapable de resituer le nom dans un quelconque contexte.
 
“Sa psy.” Et boom, ça me revient.
 
“Pardon ? Quel psy, comment ça ? Elle n'en a pas besoin !” Il s'est tourné vers moi, un air profondément agacé placardé sur le visage.
 
“Ses parents, qui sont deux hommes, ont divorcé et ne se parlent plus depuis. Je t'assure qu'elle a besoin que quelqu'un de neutre puisse l'écouter quand elle s'inquiète.” J'ai passé une main sur mon visage, incapable de savoir comment réagir. Puis son ton à moitié hautain ne m'aide pas à être de son côté. “Si tu lisais le courrier que je te fais suivre, tu le saurais de toute façon. Puis c'est pas moi qui l'ai décidé en premier lieu.” Et je fronce les sourcils. Je me souviens parfaitement de la décision du juge, j'ai été aux premiers entretiens comme voulu. C'était juste l'affaire de quelques mois et j'avais carrément oublié tout ça. Elle était petite.
 
“C'était sensé être sur une durée de quelques mois après le divorce, Harry. C'est pas parce que toi tu en a besoin que ta fille aussi.” Je n'ai pas dit ça méchamment et dieu merci il s'en rend compte parce qu'il ne se raidi pas.
 
“Je sais. De toute façon, avec ce qu'il s'est passé, ce sera nécessaire pour s'assurer que tout va bien, c'est tout. Et je vais mieux maintenant, au cas où tu te demandes.” Et j'ai soudainement l'impression que tout notre passé nous saute au visage et je ne sais plus vraiment comment réagir. Je me souviens à quel point il avait besoin de moi et à quel point il préférait construire un mur entre nous chaque fois qu'il se sentait délaissé. Je me souviens que j'avais l'habitude de passer des heures à démonter ce mur, brique par brique, jusqu'au jour où j'ai attendu trop longtemps pour le faire. Jusqu'au jour où il s'était enfermé dans ses routines étranges et qu'il faisait passer son travail avant moi. Je l'ai toujours blâmé de ne pas m'avoir laissé de chance de me racheter mais en fait, il m'en a laissé un million, tous les jours, en restant à mes côtés malgré tout. Puis j'ai attaqué sa fierté en jouant aux imbéciles et j'ai perdu.
 
“Ne me regarde pas comme ça, Louis. C'est très gênant.” Mais je ne réagi pas vraiment parce que je suis trop occupé à me souvenir de lui, de sa manière d'être, de sa façon de m'aimer. “Qu'est-ce qu'il y a ?” J'ai secoué la tête pour me forcer à revenir à moi.
 
“Tu me manques.” Ça m'échappe un peu mais je ne regrette pas mes paroles. Je crois même que maintenant que je m'en rends compte, c'est important qu'il le sache. S'il dit rarement ce qu'il pense, c'est loin d'être mon cas.
 
“C'est ce que tu crois. C'est l'émotion. Ça ira mieux demain.” Aucun sarcasme, rien. Comme s'il avait assimilé qu'il ne pourrait plus jamais me manquer et que ça lui convenait. Je suis sur le point de protester mais Tessa arrive lentement. Elle se poste devant nous et nous regarde tour à tour en silence. “Tu vas avec papa cette semaine.” Elle a hoché la tête avant d'aller se blottir contre lui. Ils sont restés un long moment comme ça et je m'en suis presque voulu de les séparer aujourd'hui. “Je t'aime mon ange, tu m'appelles quand tu veux.”
 
“Promis. Je t'aime aussi papa.” Il l'a serré contre lui une dernière fois et j'ai hésité à lui proposer de venir diner avec nous mais je n'ai pas osé. Alors je l'ai regardé s'éloigner en silence et j'ai senti que quelque chose clochait. Comme si ce n'était pas ce qui aurait dû se produire. Mais peut-être qu'il a raison, peut-être que ça passera demain. Alors je l'ai laissé partir et j'ai demandé à une voiture de police de nous reconduire à l'hôtel. Harry m'a envoyé un message quelques minutes plus tard, et alors que les buildings de New York défilaient rapidement sous nos yeux, j'ai eu l'impression que le temps s'arrêtait.
 
« Je m'occupe des journalistes, des enquêteurs et de porter plainte. Prends soin de notre bébé.
Toi aussi, tu me manques. »
 
Putain.
 
Je sais ce qui cloche maintenant. Je sais pourquoi j'ai eu l'impression que le laisser partir n'était pas dans l'ordre des choses. Et c'est tout con en plus : je l'aime. J'en suis dingue et j'en chialerai presque. Je m'en rends compte maintenant, juste ici, dans cette voiture de merde où j'ai l'impression d'être un prisonnier en transfert. Elle est là ma chance. Juste dans ce message.
 
« On s'en occupera demain. Tous les deux. Viens diner avec nous à l'hôtel. Tessa veut manger McDo. Qu'est-ce que tu prends ? »
 
Il met sa vie à répondre et j'angoisse. Peut-être que je m'emballe d'un coup mais c'est le père de ma fille et si j'ai l'espoir d'un renouveau alors il est hors de question que je ne le saisisse pas. Il me manque, je m'en rends compte après avoir passé de longues heures avec lui. Mon c½ur bat toujours de la même manière lorsque je repense à ce qu'on a laissé derrière nous et à ce qu'on pourrait construire à nouveau. Et j'ai tellement besoin de lui pour être un meilleur père que je n'ai pas le droit de le laisser filer. Pas encore une fois. “Ça va pas ?”
 
“Si, si.” Je dépose un baiser maladroit sur le front de Tessa mais je tremble comme une feuille. Mes mains deviennent moites et putain, il ne sait plus écrire un SMS ou quoi ? Qu'est-ce qui lui prend de mettre autant de temps ?
 
Et à l'instant où j'ouvre à nouveau la conversation pour lui envoyer quelque chose comme '????????????', un message s'affiche. Deux mots. Mes préférés au monde, je crois, parce qu'ils signifient que tout n'est pas perdu. Que tout rentre dans l'ordre. Des mots que je chérirai jusqu'à la fin de ma vie.
 
« Un BigMac. »


#somebodyOS
J'espère que ça vous a plu parce que j'ai bien aimé l'écrire même si j'étais franchement pas sûre de la poster *_* N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensez, soit ici, soit sur Twitter avec le hashtag ou directement à moi xD ♥